6 januari 2007

Uit de gesprekken met Philippe Dutilleul

Bij de voorbereiding van het intussen beruchte nepjournaal van de RTBF (wie het gemist heeft kan het hier nog bekijken) en het boek van Philippe DUTILLEUL, Bye bye Belgium (Ed. labor 2006), heb ik met de programmamaker/auteur meerdere lange gesprekken gevoerd; mijn gesprekspartner heeft daarvan een samenvatting opgenomen in zijn boek (in feite gaat het dus om meerdere gesprekken, en niet één zoals het lijkt in het boek). De woorden die mij in de mond worden gelegd zijn min of meer correct, zij het dat het om een selectie van Dutilleul gaat en sommige passages dus wel een beetje hun context kwijt zijn (met name het laatste stuk uit het interview hieronder is nogal uit de context gesleurd). Het is dus niet helemaal zoals ik het zelf zou geschreven hebben, maar ik wil de lezers van deze blog de tekst toch niet onthouden.

Dutilleul is in zijn boek op het punt gekomen waar hij besluit dat het niet mogelijk is zijn programma te maken zonder ook met de boosdoeners zelf, de Vlaamse separatisten dus, contact te nemen. Hij gaat dus op zoek naar gesprekspartners onder die separatisten. Ik laat hem vanaf hier aan het woord.


Parmi ceux-ci sortent du lot, à mes yeux, deux professeurs universitaires spécialistes du droit qui enseignent l’un à Gand, l’autre à Louvain. Ils se situent à la droite de l’échiquier politique. Le premier est libéral et s’appelle Boudewijn Bouckaert. Il est président de « l’OVV », une organisation qui chapeaute bon nombre d’associations culturelles flamingantes et de « Nova Civitas ». Le second est un conservateur catholique. Son nom, Matthias Storme. Il est proche du N-VA et président de « Orde van de Vlaamse Leeuw » (l’Ordre du Lion Flamand) qui chaque année remet une distinction au citoyen flamand le plus méritant. En 2005 les bourgmestres de Hal Vilvoorde reçurent la distinction et en 2006 … ce fut Remi Vermeiren, déjà cité dans ce livre, président du groupe de pensée « in de Warande ».

L’un et l’autre universitaire sont assez médiatisés en Flandre, qu’on les critique ou qu’on les encense, mais des inconnus en Wallonie. J’ignore si le grand public flamand les connaît réellement. Par contre, le Belge moyen méconnaît le personnel politique ou assimilé de l’autre communauté linguistique à l’exception de quelques ministres fédéraux et bruxellois, ce qui apporte de l’eau au moulin des détracteurs de la Belgique et de ceux qui dénoncent la dépolitisation croissante de l’opinion plus prompte à réagir aux événements marquants avec ses tripes qu’avec sa raison et une connaissance réelle des problèmes. Au jeu du « citez-moi le nom de deux ministres du gouvernement flamand », je doute que beaucoup de Wallons et bruxellois puissent y répondre et inversement pour les Flamands avec le gouvernement wallon à part Di Rupo ou Daerdenne à cause de ses facéties. Bref, ce constat souvent répété et entendu « on ne se parle plus, on ne se connaît plus, me paraît avéré.

L’unilinguisme a provoqué une dynamique autonomiste en Flandre

La magnifique villa de l’avocat Storme, signe extérieur d’une incontestable réussite sociale, située dans la banlieue de Gand à Nazareth, village au nom prédestiné, cadre bien avec cette richesse matérielle, visible à presque chaque coin de rues, dont s’enorgueillit aujourd’hui la Flandre. Je suis un homme de centre gauche mais j’aime discuter avec celles et ceux qui ne partagent pas mes convictions. L’échange enrichit. Et je n’ai pas été déçu par ma conversation avec cet homme érudit et conservateur, brillant et affable, petit par la taille, mince de carrure mais rusé d’esprit, fin lettré et polyglotte. J’ai été séduit par ce mélange détonnant qu’incarne cet avocat qui prend le risque de défendre à certaines occasion des membres du Vlaams Belang, posé et méthodique dans ses explications, volubile et lyrique quand il prononce un discours enflammé devant un auditoire conquis à la cause du patriotisme flamand, le 11 juillet jour de fête « nationale » chez nos « compatriotes » du nord du pays. Nous avons entamé notre première conversation en néerlandais, nous l’avons achevée en français qu’il maîtrise presque parfaitement, preuve que cet homme engagé dans le combat nationaliste flamand peut faire preuve de tempérance linguistique quand le francophone que je suis fait l’effort de parler la langue d’Hugo Claus. Il n’est pas un cas isolé, je dois le reconnaître. La génération des quinquagénaires et celles qui précèdent, moins celles qui suivent, maîtrisent le français, ce qui a toujours mis les Flamands en position favorable par rapport aux Francophones, la plupart incultes en matière de connaissances des langues étrangères, du néerlandais en particuliers, comme une récente étude vient encore de le démontrer. Cependant, la tendance est en train de s’inverser …

Mon interlocuteur commence par dessiner l’évolution historique du conflit linguistique.

« Si l’on s’en réfère à l’Histoire récente de la Belgique, la décision dans les années 1930 de créer en Belgique deux régions unilingues distinctes plutôt qu’un pays bilingue a impulsé un mouvement, une dynamique. En pays flamand, les opinions là-dessus étaient à l’époque divergentes, il n’y avait pas un courant majoritaire. C’est le refus total de la Wallonie de devenir bilingue qui a décidé la Flandre d’opter pour ce modèle unilingue. Ce fut assurément un élément historique déterminant qui a mis en marche un processus centrifuge ».

L’importance du facteur linguistique a grandi

Je jette un coup d’œil sur l’impressionnante série d’ouvrages qui se trouvent à l’étage soigneusement répertoriés dans des rayonnages en bois. Mon interlocuteur poursuit.

« Deuxièmement, je ne sais pas ce que nous réserve l’histoire dans le futur mais l’importance de la langue comme facteur politique a grandi. Aujourd’hui, une grande majorité des décisions qui influencent la société et la vie quotidienne des gens se décident en dehors de la sphère gouvernementale … Je rappelle que la Belgique est un conglomérat d’alliances dynastiques. Celles-ci ont formé les provinces du Benelux. Celui-ci s’est ensuite scindé en deux à cause de raisons militaires et religieuses, avec une frontière entre la Belgique et la Hollande qui ne correspond nullement à la réalité linguistique. A l’époque, celle-ci n’a pas été prise en compte. Dès la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle pourtant, on a vu progresser les nationalismes au fur et à mesure que les sociétés se sont démocratisées, que la population a participé plus au pouvoir. Aussi longtemps que le peuple est écarté du pouvoir, la langue n’a pas d’importance sur le plan politique, la religion est plus capitale comme facteur d’homogénéisation et de cohésion sociale. Qu’est-ce qu’on voit en 1830 au moment de la formation de la Belgique ? La religion jouait un rôle politique majeur selon que l’on soit protestant ou catholique, ce qui a présidé au découpage de cette frontière. La religion joue encore un rôle chez nous mais le fait qu’on soit catholique ou protestant n’est plus déterminant dans les choix politiques comme à l’époque. Entre parenthèses, ce n’est pas le cas de la religion orthodoxe. Pensez à la frontière orientale de l’Europe qui, en ce moment précis, à l’exception de la Grèce, représente encore le lieu de fracture entre le christianisme oriental et occidental. En résumé, je dirai que lorsque d’autres facteurs de cohésion deviennent moins importants, le facteur linguistique lui croît. Ce n’est pas un phénomène unidimensionnel car il y a des nationalismes qui ne sont pas linguistiques comme en Irlande ou en Écosse. Leurs habitants sont anglicisés mais ne se sentent pas Anglais d’Angleterre. De même, on peut dire que les Wallons parlent la langue française mais dans leur majorité ne se sentent pas Français. Car, historiquement, ils n’ont jamais fait partie de la France. De même, la plupart des Flamands ne se sentent pas Hollandais. Là, je crois surtout qu’il y a un manque flagrant de volonté politique de se rapprocher des Pays-Bas mais j’admets que je suis pour l’instant minoritaire sur cette position. Des facteurs économiques jouent également dans l’émergence ou non du facteur linguistique. Dans une société agricole où l’autarcie prédomine, la question linguistique ne se pose pas, l’horizon, c’est le village et on n’y parle qu’une seule langue, son influence est restreinte. Dans le village d’à côté, on parlera un autre dialecte. Par contre, dans une société industrielle ou de service, la langue devient un facteur important de cohésion pour son bon fonctionnement. Si l’on ne se comprend pas, ça ne marche pas et ça cause des accidents (ndlr : par exemple, la catastrophe ferroviaire de Pécrot causée par un incident technique est due en partie à l’incompréhension linguistique entre deux techniciens de la SNCB sur une ligne desservant la Flandre et la Wallonie). Beaucoup de facteurs qui mènent à l’importante du fait linguistique se sont développés même si cette influence va à l’encontre de certains faits historiques. »

La Belgique façonnée à un contre un

Ce schéma appliqué à la Belgique mérite un complément d’explications qui mettent en lumière les raisons pus spécifiques d’une éventuelle implosion du pays. Notre interlocuteur s’y attelle avec prudence et méthode.

« Ce qui complique beaucoup les affaires dans notre constellation belge, c’est qu’elle est multilingue mais à deux essentiellement, cela signifie un contre un. En Suisse, ils sont quatre, la proportion est différente. Et bien que le principe de territorialité y soit fort comme chez nous, l’alchimie institutionnelle tient jusqu’à présent, on est rarement 2 contre 2. Au Canada, avec l’anglais et le français, ce n’est pas très stable non plus. Voyez l’exemple du Québec. Si l’on considère un pays fédéral unilingue comme l’Allemagne avec 16 landiers, il existe parfois des différences plus grandes entre ces 16 états qu’entre la Flandre et la Wallonie et si c’était toujours 8 contre 8, cela ne durerait pas. Ce n’est pas le cas, donc ça fonctionne mais avec l’obligation de réformes. En Belgique, à cet 1 contre 1 conflictuel, vient se greffer un système politique bloqué où les mêmes partis se partagent le pouvoir sans en être délogés. Il n’y a pas un jeu normal d’alternance démocratique comme dans de plus grand États fédéraux. Alors, me direz-vous, on pourrait songer à bâtir un fédéralisme à 10, par province. C’est faisable mais en fait sur les questions politiques majeures, ça ne changerait rien, on se retrouverait à 5 contre 5 selon le clivage linguistique. J’ajoute un facteur plus psychologique. C’est clair qu’on coopère au sein de l’Europe avec des pays qui présentent avec nous plus de différences qu’entre la Wallonie et la Flandre. Mais, dans un sens relatif, l’importance d’une petite différence à 2 est plus sensible qu’une grande différence à 25 parce qu’inévitablement celle-ci se délaie …

Les Flamands ne sont pas des citoyens belges à part entière

A ma gauche, par une porte vitrée, j’aperçois la piscine disposée au milieu d’un vaste jardin fort bien entretenu. Un instant distrait, je replonge mon attention dans l’argumentaire personnalisé de cet avocat de la cause flamande.

« Enfin, et c’est une analyse plus personnelle, je dirai que sont présents chez nous des facteurs émotionnels dans le sens où, depuis des décennies en Flandre, et même encore aujourd’hui, on a le sentiment d’être « des concitoyens traduits », qui participent uniquement à la vie de ce pays en traduction si vous comprenez ce que je veux dire (nvMES: de uitdrukking komt van Ludo Abicht, in: De herinnering is een vorm van hoop, p. 21). La langue française est toujours celle du pouvoir, nous sommes toujours des citoyens de seconde zone au sein de l’État belge. Aux tréfonds de notre conscience, nous ne sommes toujours pas des citoyens à part entière. Ce sentiment a certes diminué avec les réformes de l’État mais n’a pas disparu. Quand je parcours le travail législatif fédéral, il y a encore trop de textes de loi mal traduits en flamand …

Autre sentiment, c’est l’idée que la construction belge, à tout niveau, nous impose toujours de mentir ou qu’on nous cache des choses. Un exemple récurrent : il est très difficile d’obtenir des statistiques séparées, c’est un secret d’État, interdiction de mentionner des chiffres régionaux pour certaines matières … En ce sens, mon anti-belgicisme est un devoir d’hygiène mentale à refuser ce système institutionnel qui m’oblige à mentir. Mon raisonnement est peut-être erroné mais j’ai en moi ce sentiment partagé par beaucoup de monde en Flandre. Combien de choses fausses doit-on faire, doit-on accepter, combien de compromis boiteux doit-on négocier pour sauver l’unité de façade de ce pays ? Ce n’est pas une question que l’un gagne sur ou contre l’autre mais que chacun y perd son authenticité, c’est de l’ordre existentiel. Enfin, beaucoup d’intellectuels flamands nationalistes pensent que l’Europe que l’on construit actuellement, c’est la Belgique au deuxième degré, elle présente tous ses défauts à une plus grande échelle.

Les mécanismes qui faussent le pouvoir en Belgique se retrouvent dans cette Union Européenne technocratique peut transparente avec un fort déficit démocratique. Il y a une valeur fondamentale d’immoralité qui est choquante et révoltante. »

Un dialogue de sourds entre les Belges

Nous faisons une pause dans notre entretien. Le père de famille attentif est parti chercher un de ses enfants à l’école, le temps pour moi de récapituler ce discours assez dense.

J’entends avec intérêt cet orateur engagé non comme un élève écoute son maître mais comme quelqu’un de curieux de connaître l’argumentaire non directement politique mais plus essentiel, à mon avis, de ces idéologues de droit du séparatisme trop souvent maquillés au sud du pays sous les oripeaux de l’extrême droite. Si je déteste les nazillons au « Vlaams Belang » qui s’habillent en costume cravate, non plus en bottes et treillis militaire, pour faire bonne mesure, sorte de maquillage qui préfigure leurs fiançailles avec des gens fréquentables, je redoute tout autant les donneurs de leçons qui, au nom des grands principes de liberté et d’égalité, prennent leurs désirs pour des réalités et déforment sciemment l’analyse politique de leurs adversaires. On en est arrivé là ! Il suffit de parcourir la presse. En ce sens, je crois qu’en Belgique non seulement on ne se parle plus, on ne se connaît plus mais qu’en plus on ne se comprend plus, qu’un dialogue de sourds s’est instauré entre les deux communautés du pays. Cette coupure, à ce stade de mon enquête, semble avérée.

La Flandre doit faire partie de l’Europe …

Pour en revenir à Storme et à son engagement séparatiste, je me rappelle de la réaction épouvantée de Helga Yvergneaux rien qu’à l’énoncé de son nom. A coup sûr aux yeux de cette représentante de la bourgeoisie francophone gantoise et j’imagine de quelques autres, cet homme pourtant affable représente le diable personnifié, celui qui une fois pour toutes va envoyer en enfer ce beau pays de cocagne qu’est la Belgique. Son évolution récente, les scandales qui s’y ramassent à la pelle comme les feuilles mortes de la chanson interprétée par Montant, les dysfonctionnements de certains corps constitués qui ont fait le malheur de quelques-uns, ont terni dans le peuple l’image de la démocratie belge et ont renforcé en Flandre le discours séparatiste. Les propos critiques de mon interlocuteur sur l’Europe actuelle sont de la même veine. Ils recueilleraient l’assentiment d’un deVilliers ou d’un Le Pen dont chacun sait qu’ils ne passent pas leurs vacances avec Jack Lang, François Hollande ou même avec Chirac.

Selon Matthias Storme, la radicalisation des revendications flamandes ne s’est pas accrue ces derniers temps contrairement aux écrits et aux déclarations des journalistes et politiciens surtout francophones mais dans les années 1990. Il défend cette analyse différente.

« Avant cette date charnière, il y avait toujours l’idée que l’Europe allait faciliter la fin de la Belgique avec la disparition progressive des États nations au profit d’une Europe des Régions. On s’est rendu compte de deux choses. Premièrement, l’Europe des Régions est une illusion complète. Ni l’Allemagne, ni la France, ni l’Italie ne sont en train de se dissoudre, ces deux derniers pays ne font qu’accentuer leur régionalisation.

Deuxièmement, on constate que 80% de notre législation dépend directement ou indirectement de l’Union Européenne, c’est énorme. Mais pour bénéficier des avantages de l’Europe, il faut être État membre. Donc, nous avons eu cette discussion dans le mouvement flamand en disant, notre but c’est de devenir État membre de l’Europe et ça c’est traduit dans notre Manifeste historique intitulé « Vlaanderen, Staat in Europa », (Flandre, État dans l’Europe) (nvMES: uit 1994). Il s’agit d’un petit pas mais dans le sens d’une révolution Copernicienne à savoir un déclic qui nous a fait passer du fédéralisme belge à l’indépendance dans le cadre européen. Ce n’est pas rien ! Ce mouvement en Flandre s’est accentué quand les pays de l’Est comme l’URSS, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie ont implosé et que l’Europe ne s’y est pas opposée. Aujourd’hui dans l’Union Européenne, une majorité de pays sont plus petits que la Flandre et on nous dit que la Flandre est trop petite pour devenir un État membre … Cela ne tient pas debout, c’est du deux poids deux mesures, on continue de nous traiter comme un peuple de seconde zone si tant es bien sûr que nous en formions un. Aussi longtemps que nous ne sommes pas État membre de l’Europe, de l’ONU, de l’OTAN, etc.… on ne nous rendra jamais justice ! C’est notre conviction.

Depuis cette idée force a gagné du terrain avec un facteur qui n’est pas sans importance. L’indépendance de la Flandre n’est pus un projet aventureux dans la mesure où nous avons déjà sur notre sol une administration, un gouvernement et un Parlement qui fonctionnent. On ne va pas commencer de zéro, ces institutions ont une légitimité démocratiques surtout depuis l’abolition du double mandat qui a changé les esprits du moins inconsciemment. Ceux qui siégeaient au Parlement régional ne peuvent plus le faire au Parlement fédéral. On s’est affranchi du niveau national, on n’est plus culpabilisé et obligé de faire des compromis ! »

La première révolution de droite dans l’Union Européenne

Cet homme intelligent n’aime donc pas l’Europe politique telle qu’elle se construit sur le modèle fédéral mais se sert de son cadre institutionnel et de l’adhésion de nouveaux membres pour réclamer l’indépendance de la Flandre. C’est un paradoxe habilement contourné. Sa critique frontale de l’Europe des Régions à laquelle il ne croit pas comme posture politique l’éloigne fondamentalement du courant régionaliste et nationaliste flamand qui se situe à gauche de l’échiquier politique et qui est personnalisé par l’ancienne égérie de la Volksunie aujourd’hui membre de Spirit, Nelly Maes. Le courant nationaliste flamand n’est donc pas homogène même si la droite y occupe une position dominante.

Le lien entre cet objectif d’adhérer à l’Europe comme membre à part entière et l’entrée d’anciens pays du bloc communiste n’est pas innocent d’un point de vue idéologique. Et si l’indépendance de cette Flandre toujours complexée culturellement mais très libérale sur le plan économique et conservatrice sur certains principes éthiques préfigurait la première révolution de droit nationale en Europe ? C’est la thèse que je défends. Mon interlocuteur embraye.

« Ce qui s’est passé en Europe Centrale et de l’Est va dans ce sens. J’assistais après 1989 à un séminaire avec des collègues tchèques sur le Droit des biens et de la propriété. Le message était très clair : on ne veut plus rien entendre d’autre, on ne veut prendre en considération que la propriété privée en tant que telle, en tant que fondement. La propriété sociale et ses compromis ne nous disent plus rien, on a vécu sous leur férule durant 50 ans de régime communiste, on n’en veut plus ! Bien sûr, il y a dans ces démocraties une alternance politique gauche/droit mais des pays comme la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie reposent fondamentalement sur des positions et des valeurs de droite. Et la vague populiste en Europe de l’Ouest surfe sur cette tendance même si son émergence est due à d’autres facteurs. »

4 Comments:

At 6/1/07 14:48, Anonymous Johan B said...

Et pour les flamants la même chose?

 
At 6/1/07 15:36, Anonymous Anoniem said...

Als je de vijand wil verslaan moet je hem kennen en begrijpen.

 
At 8/1/07 11:56, Blogger Björn Roose said...

Johan, waarom de flamingo's ("flamants roses") erbij halen ?

En, anonymous, voor "les flamands" is het inderdaad nuttig de taal van de vijand te begrijpen om die aldus makkelijker te kunnen verstaan. Desalniettemin zou een vertaling voor de op dat vlak minder onderlegden van nut geweest zijn.

Maar ik begrijp dat dat voor Mathias veel extra werk zou geweest zijn.04

 
At 9/1/07 12:57, Blogger Brigant said...

Of juist een incentive voor de minder onderlegden om hun Frans op te frissen.

Reminds me that ik het boek zou moeten kopen.

 

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